• Présentation

    Mario Bergeron, soixante ans, romancier et historien. Depuis 1996, onze de mes romans ont été publiés au Québec. J’ai aussi participé à trois collectifs et autant de romans ont été disponibles en Europe. « Chanceux! » m’a-t-on déjà dit. Non : aucune chance, mais tout simplement beaucoup de travail. 95 % des manuscrits envoyés chez des éditeurs sont refusés, dont une grande partie qui n’est jamais lue. Votre humble serviteur s’est infiltré onze fois? Parce qu’il a été chanceux? Parce qu’il a énormément travaillé pour faire partie du 5 %.  Ce que vous ne trouverez pas ici : les colères, les frustrations, le chagrin, la révolte et même les larmes. Je vais me consacrer aux aspects agréables, aux bons souvenirs : la création, les gens que j’ai  connus, mes participations aux salons du livre, la correspondance, les anecdotes amusantes, la presse, le public, des extraits des romans publiés, ce que je pense d'eux avec le recul. Si vous désirez davantage d'extraits, visitez un autre blogue en cliquant sur le lien "Extraits romanesques" dans ma liste.  Ce qu’il y a ici est l’envers du décor, ce que le public ne voit jamais derrière un livre et le métier d’écrivain.  Ce que j’ai vécu mérite d’être partagé.  

    La photographie ci-haut a été prise au salon du livre de l'Abitibi-Témiscamingue à Ville-Marie, en mai 2001. 

     


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    Depuis 2015, je suis associé à une quatrième maison : Marcel Broquet la nouvelle édition. Je dois avouer que du quatuor, celle-ci est la plus fantastique, avec à sa tête un homme qui aime les romans et respecte beaucoup les auteurs, ce que je n'ai pas toujours trouvé chez les trois autres. De plus, monsieur Broquet inspire la confiance. Sa particularité est la rapidité de sa mise en oeuvre. L'acceptation d'un manuscrit est arrivée au début d'avril 2015. Sept semaines plus tard, le roman était entre mes mains. Je puis vous assurer que c'est très rapide ! De plus, cet homme m'a fait réaliser mon rêve, refusé par les autres : voir deux de mes romans sur le marché en moins d'une année. Huit mois, pour être précis. Ce sont ceux que vous voyez ci-haut : Gros-Nez le quêteux (juin 2015) et Le pain de Guillaume (janvier 2016). Mon souhait le plus profond est de demeurer associé à cette maison le plus longtemps possible.


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  • Écrire un roman

    J’ai écrit mon premier roman à l’âge de 16 ans. Depuis, je n’ai jamais cessé. J’ai appris à écrire en écrivant beaucoup. Il y a des méthodes dont j’ai pris conscience il y a longtemps et dont je me sers toujours aujourd’hui. La création a pris un aspect plus professionnel dès qu’il y a eu publication, au cours de la décennie 1990. Je n’ai cependant pas changé d’idée : j’écris pour me faire plaisir et aucune ligne n’a été rédigée en pensant qu’il y aurait un roman sur le marché, cela même pendant que mes livres étaient dans les librairies. Une romancière m’a déjà dit qu’elle n’écrirait pas s’il n’y avait pas de publication. Je lui avais répondu : « Tu es une marchande et moi, un créateur. » Écrire est une extension de moi-même. C’est mon aspect ange et démon, ma raison de vivre.

    Des conseils ? Un auteur vous dirait une chose et moi, le contraire. Écrivez pour votre plaisir, et jamais en pensant publication, carrière et tous ces leurres. N’écrivez jamais le mot « Fin » à la dernière page. Un roman n’est jamais terminé. Il y a toujours eu plusieurs années entre mon manuscrit et le livre publié. Des années de travail, de corrections, de remises en question. La qualité d’un bon auteur ? L’humilité face à ce qui a été créé. Préparez un plan de rédaction : c’est essentiel. Écrire un roman est un voyage et le plan devient votre carte routière.

    Ci-haut : le début du roman qui deviendra Contes d’asphalte. Eh oui : j’écris à la main, car c’est physique et que je peux garder mes feuilles avec moi, puis écrire partout. J’avais toujours un brouillon avec moi lors de mes participations aux salons du livre et le public était étonné d’apprendre, en cette ère informatique, que j’écrivais à la main. Alors, je leur répondais toujours la même chose : « Je ronge mes stylos avec joie, mais je n’ai jamais tenté de mordre un clavier d’ordinateur. »

    Écrire, c’est vaincre la mort.

    http://data0.eklablog.com/marioromans/mod_article52648042_505ab88c92392.jpg


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  • Histoire d'une publication

    L'article suivant est un carnet de bord faisant part des étapes menant vers la mise en marché d'un de mes romans, prévue pour septembre 2013. Il s'agit du même principe que vous trouverez plus loin, pour mon roman publié en 2009 par VLB Éditeur.

    LE MANUSCRIT

    Le roman L'amour entre parenthèses a été écrit entre le 31 août 2006 et le 4 février 2007. Il s'agit d'une courte fiction d'environ 250 pages et qui raconte le cheminement d'une jeune religieuse de la fin des années 1930, enseignante et passionnée de pédagogie, qui se lie d'amitié pour un prêtre de son âge. La femme n'a surtout pas peur des défis et devient une inspiration pour le religieux. Les deux, même séparés, ne cessent d'échanger des lettres, sans s'avouer que leur amitié est en réalité de l'amour. La décision du prêtre d'abandonner et de retourner à la vie civile bouleverse notre religieuse, mais l'incite à quitter le voile pour retrouver celui qu'elle a toujours aimé. 

    Une histoire d'amour sans effusions ni passion. Platonique, en somme! Avec cependant beaucoup d'humour et une réalité que plusieurs romanciers québécois refusent à admettre : le clergé catholique de jadis était formé en grande partie de gens très intelligents, progressistes, n'ayant crainte d'aucun défi. J'ai écrit ce roman afin de montrer l'autre côté de la médaille : l'histoire vécue de l'intérieur par ceux qu'on a injustement condamnés et accusés des pires tares.

    ACCEPTATION DU MANUSCRIT

    Avant toute chose : une énorme perte d'illusions suite à la triste aventure chez VLB, suivie de refus, de refus et de refus de plusieurs éditeurs, ne tenant pas compte de mes huit livres publiés, de mes quarante participations aux salons du livre, de mon dossier de presse.

    En mars 2012, pour la première fois de ma vie, je me rends au salon du livre de Trois-Rivières comme simple visiteur. Je dois avouer que de ne plus faire partie des exposants m'a beaucoup bouleversé. J'ai alors croisé la romancière Pauline Gill, me demandant des nouvelles. Je ne sais pas pourquoi je lui ai ouvert mon coeur, mais la femme m'a écouté, m'encourageant à ne pas laisser tomber et me recommandant une nouvelle maison de sa région et que je ne connaissais pas : Les Éditeurs Réunis. Madame Gill m'a aussi proposé une démarche différente : ne pas envoyer de manuscrit, mais une lettre concise expliquant tout ce que j'avais fait.

    Cette lettre envoyée, on m'a répondu rapidement, le 30 avril, me réclamant un ou des manuscrits. J'en ai envoyé trois. En juin, je reçois un courriel de l'assistant à l'éditeur, me félicitant pour les qualités de ces textes qui avaient été... refusés par le comité de lecture. Dans ce message, l'homme m'incite à persévérer et à envoyer d'autres manuscrits. Trois autres textes ont suivi.

    Le 18 septembre, je reçois un courriel, m'indiquant que L'Amour entre parenthèses a été accepté.

    Première tuile, à laquelle je suis pourtant habitué : ces gens vont changer le titre de mon roman pour Les bonnes soeurs, idée que je n'aime pas du tout...

    Dans le message, il y avait trois points à modifier dans le roman. Le soir même, je me mets au travail.

    19 SEPTEMBRE 2012

    Comme demandé, je téléphone à l'éditeur. Sans doute voulait-il m'entendre, pour savoir à qui il allait se frotter. Nous parlons une demi-heure et je crois bien que de part et d'autres, le courant a passé doucement et agréablement. L'homme m'a dit que je pourrais conserver L'Amour entre parenthèses comme sous-titre.

    LES ÉDITEURS RÉUNIS

    Je ne connais rien de ces gens ! Je n'en avais jamais entendu parler avant que Pauline Gill ne les cite. Leur site Internet présente beaucoup de livres dits de "sagas historiques", avec des pages couvertures un peu tape à l'oeil. Bref, du roman populaire de grande surface. Sur ce site, j'ai eu la surprise de retrouver Marjolaine Bouchard, aimable romancière que j'avais croisée au début de ma collaboration avec mon premier éditeur, à la fin de la décennie 1990. Le temps qui va passer m'apprendra à mieux savoir qui sont ces gens.

     

    25 & 26 SEPTEMBRE 2012

    Échange de messages à propos des conditions de publication. Je rate mon essai de conserver mon titre. Dans mon dernier courriel, j'évoque la possibilité de faire parvenir un autre texte.

    28 SEPTEMBRE 2012

    Je reçois le contrat d'édition. Très rapide ! Habituellement, un tel document arrive beaucoup plus tard dans mes relations avec l'éditeur. Il s'agit d'un contrat dans la norme. Je ne vous fais pas part des détails du contenu. Un article vous en parle dans le présent blogue. Cependant, je tiens à applaudir l'absence du "Droit de regard" de l'éditeur sur toute oeuvre que je désire faire publier. Ceci signifie que même en étant sous contrat avec cet éditeur, je peux librement faire parvenir des manuscrits à une autre maison. Ce n'était pas le cas avec mon second éditeur.

    1 OCTOBRE 2012

    Fin d'une première relecture. L'éditeur m'avait signalé trois aspects à corriger. D'abord, enlever des points d'exclamation. Vrai qu'il y en avait à profusion... Ensuite : modifier les passages où il est question de religion dans les paragraphes descriptifs et les réserver aux dialogues. Ce fut fait. Enfin : ajouter des passages pour montrer que l'attitude de Marie n'était pas toujours appréciée par les autres religieuses. J'avoue que cette amélioration  m'a donné du mal...

    Ces corrections ne m'ont pas été ordonnées pour tout de suite. J'ai pris librement l'initiative de m'y pencher, sachant que je pourrai répéter le tout en janvier, afin de présenter un texte enrichi au moment où je devrai travailler avec l'éditeur.

    15 OCTOBRE 2012

    Retour du contrat, signé par l'éditeur. Le processus est donc officiellement en route.

    20 NOVEMBRE 2012

    Une surprise ! L'éditeur me fait savoir que le roman ne sera pas publié au cours de l'automne 2013, mais bien au printemps. Le moment prévu est avril, deux semaines après la fin du salon du livre de ma ville. Je tente de faire en sorte d'avoir le roman pour ce moment, mais ma démarche ne fonctionne pas.

    21 NOVEMBRE 2012

    L'éditeur me réclame le texte pour le 21 décembre. Un mois pour mes dernières corrections. On m'a aussi demandé une courte autobiographie et la liste de mes romans publiés.

    3 DÉCEMBRE 2012

    J'ai terminé ma relecture et amélioré le texte. Je l'envoie à l'éditeur.

    1 FÉVRIER 2013

    La maison d'éditions a revu le texte. Je reçois une copie et dois approuver ou non les modifications notées. On me donne dix jours pour ce travail. C'est la première fois que je ferai ce travail entièrement de façon informatique. 

    Je termine ce travail le 10 février. Je n'ai trouvé que trois points où je ne suis pas d'accord. Par contre, ils ont fichu des *** 56 fois dans mon texte, et ceci, je n'aime profondément pas. M'enfin... Je ne ferai pas de vague avec cette question...

    22 FÉVRIER 2013

    Je reçois, en format informatique, la page couverture du roman, ainsi que le résumé. Je me sens très heureux du résultat.

    25 FÉVRIER 2013

    Je commence la création d'un blogue sur le roman et qui me servira pour faire connaître le livre. Dans ma liste de liens, cliquez sur Bonnes soeurs.

    10 AVRIL 2013

    Le roman est maintenant disponible. La journée même, je reçois mes copies. Le livre contient 300 pages.

    11 AVRIL 2013

    Brève participation au salon du livre de Québec.

    18 MAI 2013

    Article signé Linda Corbo dans le journal Le Nouvelliste, de Trois-Rivières.

    MAI À DÉCEMBRE 2013 :

    Il n'y a eu aucune critique de ce roman, aucune mention dans les médias. C'est le sort de 95 % des romans québécois. L'insuccès, j'y suis habitué : l'indifférence, ça me fera toujours mal.

    27 au 30 MARS 2014 :

    Participation au salon du livre de Trois-Rivières, avec un horaire de signature minimal.

    11 JUILLET 2014

    Je reçois mon chèque de droit d'auteur et mon bilan de ventes et, contre toute logique, ce roman devient mon meilleur vendeur avec 2015 copies écoulées.

    JUILLET 2015

    À peine une vingtaine de copies du roman ont été vendues, depuis une année.

    JUILLET 2016

    Une soixantaine de copies ont été écoulées en une année. L'éditeur m'a proposé de vendre le livre à un tiers, qui le commercialisera à bas prix dans les magasins à grande surface.  J'ai refusé.


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  • Salon du livre : Souvenir favori

    J’ai participé à quarante-quatre salons du livre du Québec, la plupart entre 1998 et 2003. Beaucoup de souvenirs, certains drôles, d’autres pénibles. Je pourrais en parler pendant des heures, tant ces événements ont marqué ma vie. Mon salon préféré : à Ville-Marie, en 2001. Celui où j’ai vendu le plus de romans ? À Amos, en 1999 : 68 livres. Il y a une raison particulière ayant mené à ce nombre et il s’agit de mon souvenir favori de tous les salons.

    Soyons précis : samedi le 22 mai 1999, vers 19 heures. Une femme un peu grassette regarde le stand de loin, je la salue, elle approche, et voit le roman Petit Train sur la table. « C’est vous qui avez écrit ça? » Certes, madame. Alors, elle éclate d’un rire très sonore puis se met à me raconter, à vive voix, ses passages favoris. Elle terminait par des rires canons, ne semblait pas vouloir arrêter, alors que ses exclamations très sonores attiraient derrière elle des gens amusés par un rire si communicatif.  Elle a raconté des passages pendant quinze minutes, toujours prise d’un fou-rire. En fin de compte, elle a acheté Perles et chapelet, avant de poursuivre sa visite. Sauf que le rassemblement qu’elle avait provoqué sans le savoir a tout de suite jeté son regard vers moi, demandant lequel de mes romans était si drôle. J’ai alors vendu douze romans en cinq minutes. À la fin de la tempête, je suis demeuré abasourdi, puis j’ai regardé Michelle Samson et nous avons éclaté de rire en même temps.

    Jamais je n’oublierai cette femme et cette situation! La cocarde ci-haut n’est pas celle du salon d’Amos, mais celle de Val d’Or, de 2010. Vive le salon du livre de l’Abitibi-Témiscamingue !


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