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    Feuilletons

    J’imagine que mon premier éditeur a dû faire preuve de grande persuasion pour convaincre le journal Le Nouvelliste de publier Le Petit Train en feuilleton, d’autant plus que j’étais un auteur inconnu. Persuasion et sens des affaires : le prix était moindre que ce que le journal avait l’habitude de payer, avec, de plus, l’assurance que Perles et chapelet serait leur gratuitement. Ils ont payé pour Contes d’asphalte.  Tout ça fut excellent pour me faire connaître, mais il y a un aspect cauchemar qui est vite apparu et que j’ai pu goûter lors des salons du livre de Trois-Rivières : les gens n’achetaient pas les romans, car ils pouvaient les lire chaque jour dans Le Nouvelliste. À plusieurs occasions, j’ai rencontré des femmes qui découpaient l’extrait tous les jours, le collaient dans un « scrap-book. » Je leur répondais : « Madame, ça va vous coûter plus cher de scrap-book et de colle que d’acheter mon roman. » Aucune importance! La culture, au Québec, les gens adorent ça, surtout quand il ne faut pas payer. Preuve : les trois livres qui ont eu droit aux feuilletons ne sont pas davantage vendus que les trois autres n’ayant pas eu droit à cet honneur. L’intitiative a lancé la mode de l’auteur régional dans Le Nouvelliste : deux autres m’ont succédé.


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