• Bilan : Des trésors pour Marie-Lou

    De tous mes romans publiés, Des trésors pour Marie-Lou est le plus original et qui, du point de vue créativité, m'a donné la plus grande satisfaction. Le récit n'emprunte pas le chemin de A à Z, mais est composé de sauts vers le futur, de plongées vers le passé, dans un va-et-vient inhabituel, faisant en sorte qu'on ne sait jamais ce qui va se produire quinze pages plus loin. Le roman a été écrit selon un plan extrêmement rigoureux (que vous pourrez voir un peu plus loin). C'est aussi une grande et touchante histoire d'amitié entre les deux personnages Marie-Lou et Isabelle. La seconde partie est mon premier essai pour écrire un roman sans dialogues (ce que je ferai souvent par la suite) et il y a un humour cynique dans les dialogues de la première partie, tenus entre Marie-Lou et moi-même.

    Lors de sa mise en marché, en 2003, je croyais que ce livre allait aider les cinq précédents à devenir populaires, j'étais certain que les critiques osant s'y frotter célébreraient cette fiction comme un intéressant apport postmoderne à la littérature québécoise. À la place : mis à la porte par l'éditeur six semaines après la sortie, aucune promotion, ventes minables et la plupart des gens de mon lectorat fidèle ne sachant pas que ce roman existe. Par ailleurs, depuis, j'ai souvent croisé des gens qui le cherchent.  Quand je pense à ce destin, je serre les poings, toujours en colère, puis je me fais du cinéma, pensant qu'un jour, quelqu'un d'avisé trouvera ce livre dans une brocante ou sur des rayons poussiéreux d'une bibliothèque et se demandera comment diable ce roman a pu être passé sous silence.

    Ce que je vous montre, ci-haut, est le recto/verso en une seule pièce, objet dont se servaient les imprimeurs pour assembler le livre.


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  • Salon du livre : Sherbrooke

    Ce n’est pas le bassin de population qui a fait défaut ; c’est un lieu épouvantable pour tenir un salon du livre. Dans des locaux d’un campus universitaire, mais sur deux étages et quatre palliers. Cela ne donnait aucune ambiance et créait un climat très froid. Il s’agissait que le public passe par le pallier des « grands éditeurs » pour que les autres aient une impression de profond vide. J’ai déjà passé de longues périodes à ce salon sans voir une seule personne marcher devant moi. De plus : ventes anémiques, si bien qu’après 1998, 1999 et 2000, j’ai laissé tomber. Une personne de la tournée m’a dit, en 2010, que le salon était toujours tenu à cet endroit.  Deux souvenirs : le pire hôtel où j’ai un jour séjourné et, en 2000, une dame âgée, très belle avec de généreux cheveux blancs, avance vers moi avec un air de dignité et, mettant la main sur Perles et chapelet, me dit : « Monsieur Bergeron, j’étais une flapper » (Comme les personnages Jeanne et Sweetie du roman).

    La photographie a été prise en 2000. Notez la petitesse du kiosque.  La jeune femme au premier plan est Marie-Christine Vincent, romancière qui n’avait pas encore vingt ans,  boulimique d’écriture comme moi, et qui avait débuté chez cet éditeur en même temps que moi.


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  • Divers : Canular

    C’était au salon du livre de Trois-Rivières en 1999. Le journal Le Nouvelliste avait un stand pour expliquer au public de quelle façon ils procédaient pour fabriquer leur quotidien.  Il y avait une presse avec un logiciel contenant une page bidon et les gens, en retour d’une contribution, pouvaient faire « la première page » du Nouvelliste avec n’importe quelle fantaisie leur passant par la tête.  Alors, pourquoi pas moi ? Perles et chapelet allait devenir un téléroman ! La femme à mes côtés était une employée du stand. Michèle Samson fait une photocopie pour le montrer à l’éditeur et, deux jours plus tard, il me téléphone, très excité, me demandant des détails de cette rencontre, le numéro de téléphone de cette femme. Je suis demeuré bouche-bée, avant de réaliser qu’il me faisait marcher. L’arroseur arrosé, quoi !


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  • Presse : Tremblay & Fils

    La presse régionale a donné un bon coup de main à Tremblay et fils, en 1996. Davantage que lors de la commercialisation de mes romans plus pros. Ici, un résumé du communiqué de presse et quelques renseignements, de la part du journal Le Sorteux, de Shawinigan. On définit le produit commeun "roman jeunesse". Comme un auteur débutant ne connaît pas la réalité, il se sent alors parti pour la gloire.


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  • Des trésors pour Marie-Lou : Évaluation

    C’est à l’aide d’un tel tableau que les manuscrits étaient évalués chez mon premier éditeur et sans doute qu’un système semblable existait chez le second, mais je n’en ai jamais rien su. En prenant connaissance de cette évaluation, l’éditeur décidait si oui ou non le manuscrit serait publié.  Le tout, bien sûr, à condition que le roman ait été lu pour être jugé, ce qui n’est pas le cas pour tous les manuscrits reçus. Quoi ? Des éditeurs se permettraient de refuser un texte sans l’avoir lu? Très souvent. Sont immédiatement rejetés : les textes avec de nombreuses fautes de français. Principe très simple : si un auteur ne maîtrise pas sa langue, c’est inutile de regarder.  Ensuite, il y a des coups de sonde donnés, souvent au début, au milieu, à la fin. La lecture de quelques pages permet de déceler les maladresses et la banalité. Cette évaluation date de 2002, pour des Trésors pour Marie-Lou.


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